Les Katas

Les Katas sont une méthode à part entière de transmission des principes et des techniques d’un Art martial.
Historiquement ils nous viennent d’Okinawa, leur origine plus ancienne est chinoise. Les villes de Naha, Shuri et Tomari ont concentré les différents experts de notre Art Martial. Ils nous enseignent, à travers le temps, les techniques et les enchaînements efficaces, éprouvés par nos anciens. Ils contiennent tous les éléments nécessaires et suffisants à la transmission de notre Art. La progression graduelle des techniques proposées nous sert de base à l’enseignement. La compréhension des Bunkaïs (interprétation des enchainements) associés est essentielle. Elle nous permet de comprendre l’utilité des techniques.

Certains groupes de notre style ont pour référence les 16 katas enseignés par Maître MURAKAMI qui sont répertoriés dans un livre coffret édité en 2017. Dans le livre de katas : « Karaté-Do for professionnels », Maître EGAMI, à travers son élève HIROYUKI AOKI, nous fait l’inventaire de tous les katas du style Shotokaï. Les versions présentées sont celles d’origine du style Shotokan (à l’exception du kata Unsu) interprétées « façon Shotokaï » avec quelques variantes.

Voilà pourquoi vous trouverez les vidéos de 27 katas.
Les versions lentes sont uniquement et volontairement un déroulé de techniques (sans intention, donc sans vie) dans un but pédagogique.

Les playlists ci-dessous vous permettront de dérouler des katas basiques, avancés et supérieurs.

Katas de base

Taikyoku Shodan : « La cause première » ou « L’ultime Action ». (Shuri Te).
Créé par Maître Gichin FUNAKOSHI sous l’influence de son fils YOSHITAKA qui avait pour but d’épurer au maximum les mouvements du Karaté.

Les Heians (Pinan) : « paix et tranquillité ». (D’origine Shuri Te).
Créés par Maître Anko ITOSU (1831/1915) en 1905 à l’intention des écoliers Okinawaïens pour leur permettre d’assimiler les techniques de bases du karaté.

Heian Shodan : Premier de la série.
Particularités : les positions Renoji dachi et kokutsu et les défenses Age uke et Shuto uke (mains ouvertes).

Heian Nidan : Premier de la série
Particularités : les coups de pieds, Yoko geri et Mae geri ainsi que le Gyaku zuki et uchi uke entre en jeu.

Heian Sandan :
Particularités : les doubles défenses, le pique de main (nukite), Uraken uchi, la position kiba dachi associée au Fumikomi.

Heian Yodan :
Particularités : Juji uke, Empi uchi, Kakiwake uke, Hiza geri avec coup à la tête, la position Kosa dachi.

Heian Godan : Dernier de la série.
Particularités : posture d’attente Heisoku dachi, passage de kokutsu à Gyaku zuki, Juji uke combiné à une rotation des mains qui amène à une saisie, Mikazuki geri, un saut, Manji uke.

Katas avancés

Bassaï Daï (Passaï Daï) : « traverser la forteresse » grande forme. (D’origine Shuri Te).
C’est un kata très ancien appartenant au groupe des katas Shorin Ryu (combinaison du style Shuri Te, avec les Maîtres ITOSU et MATSUMURA et du style Tomari Te avec les Maîtres OYADOMARI et ISHIMINE).

Bassaï Sho (Passaï Sho) : « traverser la forteresse » petite forme. (D’origine Shuri Te).
Créé par Maître Anko ITOSU, c’est lui qui scinda le Bassaï d’origine en deux (la version Daï et Sho) Sa spécificité réside dans le fait qu’au début les défenses se font pour contrer des attaques au bâton.

Kanku Daï (Kushanku/ Kosokun Daï) : « Regarder le ciel » grande forme (D’origine Shuri Te).
Kushanku (ou Kosokun), aurait été créé par un expert chinois du même nom, qui aurait enseigné la Boxe Chinoise TO-DE (la main de CHINE) au premier grand expert de SHURI-TE, SAKUGAWA KANGA.

C’est Gichin FUNAKOSHI qui lui donna le nom de Kanku, qu’il affectionnait particulièrement.

Une bonne connaissance des cinq Heians est nécessaire pour aborder ce kata. C’est le kata le plus long avec plus de 60 techniques.

Kanku Sho (Kushanku/ Kosokun Sho) : « Regarder le ciel » petite forme. (D’origine Shuri Te).
Crée par Maître Anko ITOSU. Il a le même nom que son grand frère malgré l’absence du premier mouvement d’ouverture de Kanku Daï. Certains passages sont communs à la grande forme.

Tekki (Naihanchi/ Naifanchi): « Cavalier de fer ». (D’origine Naha Te, Shuri Te).
Ils sont au nombre de trois : Tekki Shodan, Tekki Nidan, Tekki Sandan crées par Maître Anko ITOSU sur la base du Naihanchi d’origine et toujours pour des raisons éducatives de simplification.

Ils sont représentatifs et fondamentaux de l’école Shuri Te. Leur nom est dû à l’unique position pratiquée : Kiba Dachi.

Particularités :

    • Dans Tekki Shodan, le coup de pied en vague, Naemi Gaeshi, Kagi zuki.
    • Dans Tekki Nidan, Hasami uchi et uke, Gedan uchi Baraï. A la fin revenir vers la jambe droite.
    • Dans Tekki Sandan : le Gedan Tettsui uchi.D’après la légende, Tekki Shodan aurait été le seul kata pratiqué par Choki MOTOBU. Ce Maître, était surnommé le singe (MOTOBU no saru) du fait de son agilité et Teijikun (vrai guerrier) de son habileté à combattre.

Katas supérieurs

Empi (Wanshu) : « Le vol de l’hirondelle ». (D’origine Tomari Te).
A Okinawa, à chaque nouvelle accession au trône une délégation chinoise envoyait un émissaire pour récupérer son tribut. En 1683, le chef de la délégation du nom de Wanshu introduit le kata du même nom.

Jion : Du nom d’un temple bouddhiste nommé Jionji (le temple de Jion). (D’origine Tomari Te).
Le Jionji était connu pour ses traditions martiales. Il est relativement long et comporte de nombreuses techniques vues dans les Heians.

Jiin: « Amour de Bouddha » Son nom fait référence à un temple sacré de l’amour de Bouddha. (D’origine Tomari Te).
Maître Gichin FUNAKOSHI l’appela au départ Shokyo à son arrivée à Tokyo.
Particularité : l’exécution de la position kiba da chi et les rotations associées. Cela demande une bonne maîtrise de son centre de gravité et donc de son axe.

Jitte : « Dix mains ». (D’origine Tomari Te).
Son nom à deux origines supposées :
Jitte se traduit aussi Jutte, Ju représentant le chiffre dix. Un pratiquant maîtrisant ce kata, serait dit-on, apte à affronter dix adversaires.
Jitte ou Jutte ou Jittei est une arme traditionnelle japonaise qui servait à se défendre à la manière d’une matraque contre un sabre.

Chinte (Shoin): « la main rare ». (D’origine Tomari Te).
Vieux kata originaire de chine qui alterne des passages lents et rapides.
Particularités : la majorité sont des techniques de mains, seul un Mae geri est présent. Attaques au visage avec Nihon nukite.

Meikyo (Rohaï) : « nettoyer le miroir ». (D’origine Tomari Te).
Il est considéré comme la version japonaise du vieux kata Okinawaïen Rohaï. Il comprenait trois versions (Shodan, Nidan, Sandan). Encore pratiqué actuellement en Shito Ryu et Wado Ryu, où il inclut des techniques exécutées en Tsuru ashi dachi (posture du héron). Meikyo quant à lui est unique et propose des ripostes sur des attaques au bâton, inexistante dans les différentes versions de Rohaï.

Gankaku (Chinto) : « la grue sur le rocher ». (D’origine Tomari Te).
Son nom est dû à la position Tsuru ashi dachi (posture du héron) utilisée et qui représente l’image d’une grue perchée sur un rocher s’apprêtant à fondre sur son adversaire.
Ce kata fut transmis à Maître Kosaku MATSUMORA (précurseur du Tomari Te).

Sochin (Hakko) : « Force tranquille ». (D’origine Tomari Te).
Maître Gichin FUNAKOSHI avait une trentaine d’années (en 1900) lorsqu’il s’entraînait avec Maître NIIGAKI (expert Okinawaïen de To De), ce dernier lui transmet alors trois katas, Nijushiho, Unsu et Sochin.
Particularités : position d’enracinement : Sochin dachi, C’est un Kiba dachi à 45 ° avec poids du corps sur la jambe avant (le déplacement se fait en arc de cercle). Rotation à 270° depuis kiba dachi Empi uchi à kokutsu shuto uke.

Hangetsu (Seishan) : « La demi-lune ». (D’origine Naha Te).
Han : demi.   Getsu : lune. Son nom vient du mouvement en arc de cercle effectué pendant les déplacements.
Kata respiratoire, Hangetsu est le kata qui possède le plus grand nombre de techniques respiratoires.
En effet toute la première partie est exécutée lentement avec une respiration   prononcée. Dans cette partie, selon maître MURAKAMI, les muscles doivent être en tension plutôt qu’en contraction. La seconde partie à un rythme dynamique.

Nijushiho (Niseihi): « 24 pas ». (D’origine Tomari Te).
Niju : 20 Shi : 4 Ho : pas.
Ce kata fait partie de la branche NIIGAKI au même titre que Sochin et Unsu.
Il alterne rythme lent et rapide.

Gojushiho Daï (Useishi): « 54 pas » : Grande forme. (D’origine Shuri Te).
Goju : 50. Shi : 4. Ho : pas.
Issu de l’école ITOSU. Maître FUNAKOSHI le rebaptisa Hotaku (pic vert), ceci en   raison des mouvements répétés de cet oiseau sur un tronc d’arbre. Les répétitions d’attaque en pique de mains (nukite) dans des déplacements quasiment sur place avec inversion des pieds (Ashi Fumikae) y font penser.

A l’origine il n’y avait qu’un seul Gojushiho, l’existence d’une grande et d’une petite forme est assez récente. En Shotokaï, c’est la version la plus longue que nous considérons comme Daï et Sho pour la version courte.

Gojushiho Sho (Useishi) : « 54 pas ». Petite forme. (D’origine Shuri Te).
C’est la version courte de Gojushiho Daï, certains passages sont identiques. Les premiers mouvements sont des défenses Empi uke. Il existe une préparation    d’attaque en Oi zuki avec un Zenkutsu, bras avant en tate shuto uke et poing droit en Ikite devant la poitrine en pronation.

Unsu : « Main en nuage ». (D’origine Tomari Te).
Un : nuage. Su ou Shu : main.
Il est un condensé d’une quinzaine de katas avancés et supérieurs tel : Bassaï, Kanku Daï, Jion, Jitte, Gankaku, Nijushiho etc

Wankan (Matsukaze ou Shiofu ou Hito): « La couronne royale ». (D’origine Tomari Te).
Attribué à l’école de Maître MATSUMORA. C’est le Kata le plus court de tous.
Une des particularités est le blocage de la jambe en soulevant (Sasae uke).


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ARTS MARTIAUX DES CANUTS